Epicure

Epicure (341-270 avant J.-C.) est un philosophe grec, né sur l’île de Samos et mort à Athènes. Il fonde plusieurs écoles de philosophie. La plus connue se trouve à Athènes et se nomme « Le Jardin ». Le Jardin est fondé autour de -306 au moment où la supériorité intellectuelle du Lycée d’Aristote et de l’Académie de Platon commence à être contestée. Dans son école, chacun doit pouvoir accéder à la philosophie car celle-ci n’est pas réservée à une élite (comme c’est le cas dans l’Académie platonicienne) et qui ne se présente pas comme une recherche d’une culture savante (Lycée d’Aristote). Si le savoir ne nous rend pas plus heureux, il ne sert à rien. Pour Epicure, tout est matière même l’âme. L’âme est mortelle au même titre que le corps et est composée d’atomes. La physique (l’étude de la nature) permet de concevoir une éthique (l’ensemble des recommandations pour diriger sa vie) et une théorie de la connaissance (ensemble de règles de la connaissance). Le projet épicurien est de développer une morale du bonheur à partir de la physique anatomiste.
L’épicurisme promet le bonheur et le plaisir. Il propose le seul remède au mal de vivre dans la Lettre à Ménécée.

La Lettre à Ménécée (ou la Discipline du bonheur) se présente comme un guide pratique et thérapeutique. Cette lettre est une sorte de résumé de la morale épicurienne, c’est-à-dire de l’ensemble des conseils qui permettent d’atteindre la vertu. Pour Epicure, la vie vertueuse est celle qui atteint le bonheur.
La lettre peut-être divisée en huit parties : d’abord, on trouve un prologue où Epicure nous recommande de philosopher car il affirme que philosopher nous rend heureux. Donc selon lui, il faut philosopher à tout âge car il n’y pas d’âge pour être heureux (§§ 123-123). Or, la plupart de notre malheur vient de nos peurs et de nos désirs que nous ne parvenons pas à satisfaire. Dans sa lettre, Epicure préconise d’adopter certaines attitudes qui permettraient d’orienter notre désir de bonheur. Dans les paragraphes suivants, Epicure pose la question de la représentation correcte des dieux. Selon lui, les dieux existent et sont des vivants « incorruptibles et bienheureux » donc les dieux ne sont pas à craindre car les dieux sont conçus comme immortels et bienheureux. Comme ils sont bienheureux, ils ne manquent de rien et s’ils ne manquent de rien, ils ne se préoccupent pas des hommes. Donc il n’est pas nécessaire aux hommes de les craindre et de les prier pour obtenir leurs faveurs (§§ 123-124). Puis comme notre âme est constituée d’atomes, après notre mort elle se disperse au moment de l’agrégat corporel. L’âme ne survit pas à la mort du corps. Donc il n’y a aucune raison pour nous de craindre la mort. La mort n’est rien pour nous parce qu’elle correspond à l’absence de toute sensation (§§ 124-127). Il faut aussi savoir différencier les désirs pour ainsi privilégier les désirs naturels et nécessaires excluant donc ceux qui provoquent la douleur et donc nous rend malheureux (§§ 127-128). Mais le plaisir est le principe et la fin de la vie heureuse. Le plaisir est premier parce qu’il est la sensation qu’on cherche alors que nous fuyons la douleur. D’où le fait que le plaisir est la condition première de l’apaisement. Cependant, il nous arrive parfois d’endurer certaines douleurs sachant qu’elles nous conduiront vers un plus grand plaisir ou parfois renoncer à certains plaisirs parce que nous savons qu’ils nous conduiront à une douleur, un déplaisir plus grand. C’est pourquoi le plaisir est aussi la fin de la vie heureuse parce que si nous supportons certaines douleurs, c’est toujours dans le but du plus grand plaisir possible. (§§ 128-130). Les épicuriens recommandent la prudence. Il faut en effet évaluer les plaisirs même si par principe ils sont tous bons, on n’est pas amené à tous les choisir. Les plaisirs ont en quelque sorte une double valeur, celle qui ont par nature et celle qu’ils reçoivent. Le choix se fait en privilégiant les désirs naturels et nécessaires au bonheur. Chez Epicure, l’amitié est très importante dans sa philosophie. C’est l’amitié qui procure le plus grand plaisir. Le plaisir et la prudence sont indissociables car les plaisirs qui nuisent à autrui entrainent des déplaisirs. Donc « les vertus sont naturellement liées à la vie agréable et la vie agréable en est inséparable ». C’est pour cela que la prudence réalise la synthèse du plaisir et de la vertu. (§§ 130-132). En fin de compte, pour les épicuriens, l’homme doit vivre comme un dieu parmi les hommes parce que les sages doivent vivre selon les préceptes énoncés plus haut dans la lettre. Ils ne doivent craindre ni les Dieux ni le destin et que ses actions ne dépendent que de lui et de personne d’autre. En effet, le plaisir est un critère pour choisir et déterminer ses actions (§§ 133-135).
Chez Epicure, la discipline du bonheur est une discipline rationnelle. En effet, il ne faut suivre seulement la voie des plaisirs mais aussi suivre la raison. L’usage de la raison prend deux formes : la pratique du « raisonnement sobre » et suivre les principes de la science de la nature.

La lettre est adressée à Ménécée mais elle ne lui est pas exclusivement destinée, elle est adressée à l’ensemble des disciples d’Epicure. Ici, Epicure propose sa méthode du bonheur qui repose sur un quadruple remède. Il ne nous oblige pas à adopter sa méthode, j’ai l’impression qu’il fait preuve de considération envers les autres et veut simplement partager ce qu’il pense être le mieux pour rester heureux. Je pense qu’il préconise une méthode qui nous permettrait d’être heureux durablement et qui serait adaptée à notre nature humaine. Le bonheur que nous vivons nous empêcherait de partir à la recherche d’autres sources de bonheur, de se projeter dans l’avenir. Il considère que sa méthode nous permet de nous libérer d’une recherche vaine et illusoire du bonheur, soit parce qu’on a peur de mourir soit parce que l’on pense que le bonheur n’est pas durable. C’est ce qu’il veut nous apprendre. Le bonheur trouvé grâce à ses conseils conduira à un bonheur comparable à celle des dieux, ils doivent vivre dans la tranquillité sans rien pour les déranger. C’est pourquoi, Epicure nous dit que « l’homme vit comme un dieu ».

Aude

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