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ce qu’il faut savoir sur l’Etat

Cette notion recoupe les rubriques du programme regroupées sous le titre : « La politique ». Prenez garde toutefois de ne pas confondre la société (groupe organisé de personnes humaines) et l’Etat, même si dans le monde moderne les deux sont liés. Le droit est également intimement lié à l’Etat, même si aujourd’hui il existe un « droit international » qui est relativement indépendant les Etats.
Philosophie - Bac toutes séries
L’Etat

Cette notion recoupe les rubriques du programme regroupées sous le titre : « La politique ». Prenez garde toutefois de ne pas confondre la société (groupe organisé de personnes humaines) et l’Etat, même si dans le monde moderne les deux sont liés. Le droit est également intimement lié à l’Etat, même si aujourd’hui il existe un « droit international » qui est relativement indépendant les Etats.

Les mots « état » et « Etat » viennent l’un et l’autre du latin « stare », se tenir, et de « status », attitude, manière d’être, qui a donné « état » au sens de condition sociale (« tiers état »), puis « Etat » au sens de structure de gouvernement et nation. Aujourd’hui, la langue française distingue soigneusement l’état (sans majuscule) qui signifie, le stade, l’époque, le moment, la condition, comme dans « état stationnaire » ou « état de nature », et l’Etat qui est la notion du programme que nous étudions ici. Il ne faut donc surtout pas confondre Etat et « état social » par exemple. Une autre erreur fâcheuse est celle qui consiste à confondre l’Etat et les hommes d’Etat. Les hommes d’Etat sont sans doute une part importante de l’Etat ; mais ils ne sont pas l’Etat.

L’Etat n’a pas toujours existé
Pour Aristote, vivre en société est naturel pour l’homme. La cité n’a jamais commencé, elle a toujours été là. De même que la famille, et la hiérarchie qui s’impose à tous les hommes qui veulent vivre en harmonie : « Il est manifeste, à partir de cela, que la cité fait partie des choses naturelles, et que l’homme est par nature un animal politique, et que celui qui est hors cité […] est soit un être dégradé soit un être surhumain […] . C’est pourquoi il est évident que l’homme est un animal politique plus que n’importe quelle abeille et que n’importe quel animal grégaire » (Politiques). Mais, même si la société est « naturelle », les hommes, contrairement aux animaux, ont conçu différentes organisations politiques (telles que la République ou le despotisme, par exemple). Or ces différents systèmes ne sont pas équivalents. Pour les modernes, à commencer par Machiavel (Le Prince, 1532), l’Etat ne dérive ni de la nature, ni de la volonté de Dieu. L’Etat n’est pas la cité.

L’Etat est un artifice
L’idée volontariste de l’Etat apparaît avec la théorie moderne de la souveraineté,
exprimée notamment par Hobbes dans le Léviathan (1651). Pour échapper à l’insécurité qui règne à l’état de nature, les hommes renoncent à leurs droits naturels et les confient à un tiers (homme ou assemblée). On considère alors que le pouvoir est né d’une décision collective de forme juridique (un « contrat »). L’origine du pouvoir n’est plus ni naturelle ni divine. Cependant, chez Hobbes, le pouvoir issu du contrat est tenu pour « absolu » : en effet le détenteur du pouvoir politique est n’est pas lié par le contrat. Au contraire, pour les théoriciens modernes de la république, tels que Locke (1632-1704) ou Montesquieu (1689-1755), et pour ceux de la démocratie, tels que Rousseau (1712-1778), le pouvoir de l’Etat doit être limité soit par la loi, dans le cas d’un système républicain, soit par la permanence de la souveraineté du peuple, dans le cas d’un système démocratique. Ce que nous appelons Etat de droit est la combinaison de ces deux conceptions.

L’Etat de droit
On confond souvent l’Etat et les hommes d’Etat, et l’on associe le pouvoir d’Etat aux dérives despotiques observées tout au long de l’histoire des peuples. C’est ainsi que Nietzsche peut écrire : « Etat est un monstre froid, et voici le mensonge qui s’échappe de sa bouche : « Moi l’Etat » je suis le peuple ». (Ainsi parlait Zarathoustra). Pourtant l’Etat moderne se définit par des institutions qui ont pour fin de limiter le pouvoir des hommes et qui, par le biais de la loi, imposent à tous ceux qui y sont soumis d’obéir à une règle commune garantissant leurs droits fondamentaux, à commencer par leur sécurité. Evidemment, cet Etat idéal, qui a pour vocation de « monopoliser la violence légitime », (Max Weber) n’existe nulle part. Il porte aussi le nom de « démocratie ». Or la « démocratie » constitue, dans les faits, un régime à la fois très imparfait et extrêmement fragile. Car les régimes démocratiques ne possèdent pas d’armes imparables pour lutter contre les ennemis de la démocratie.

Sujets de dissertation
La politique est-elle l’affaire de tous ?
L’Etat doit-il reconnaître des limites à sa puissance ?
L’action politique peut-elle être autre chose que la recherche d’un moindre mal ?

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