Exercice sur texte 5 : analyse fine d’un concept dans un texte

{{Exercice 5 : analyse fine d'un concept et problématisation}}

[( “ Le même mot, en français, en anglais, en allemand, s’applique à la réalité historique et à la connaissance que nous en prenons. [**Histoire, history, Geschichte*] désignent à la fois le devenir de l’humanité et la science que les hommes s’efforcent d’élaborer de leur devenir (même si l’équivoque est atténuée, en allemand, par l’existence de mots, [**Geschehen, Historie,*] qui n’ont qu’un des deux sens).

Cette ambiguïté me paraît bien fondée ; la réalité et la connaissance de cette réalité sont inséparables l’une de l’autre d’une manière qui n’a rien de commun avec la solidarité de l’objet et du sujet. La science physique n’est pas un élément de la nature qu’elle explore (même si elle le devient en la transformant). La conscience du passé est constitutive de l’existence historique. L’homme n’a vraiment un passé que s’il a conscience d’en avoir un, car seule cette conscience introduit la possibilité du dialogue et du choix. Autrement, les individus et les sociétés portent en eux un passé qu’ils ignorent, qu’ils subissent passivement. Ils offrent éventuellement à un observateur du dehors une série de transformations, comparables à celles des espèces animales et susceptibles d’être rangées en un ordre temporel. Tant qu’ils n’ont pas conscience de ce qu’ils sont et de ce qu’ils furent, ils n’accèdent pas à la dimension propre de l’histoire.
L’homme est donc à la fois le sujet et l’objet de la connaissance historique. ”

Raymond ARON, Dimensions de la conscience historique, Plon, 2nd éd., 1964, p. 5.
)]

  • A la lumière du premier paragraphe de ce texte distinguez et précisez les deux sens du mot histoire en français.
  • A quel sens du mot histoire renvoient les sujets suivants ? Donnez et justifiez le sens de la question en tenant compte de votre choix ?
  1. L’histoire peut-elle être objective ?
  2. L’histoire des hommes peut-elle être uniquement déterminée par les circonstances ?
  3. A quoi l’histoire peut-elle servir ?
  4. Faut-il croire que l’histoire a un sens ?
  5. Peut-on changer le cours de l’histoire ?
  6. Les hommes font-ils leur propre histoire ?
  7. Un peuple est-il responsable de son histoire ?
  8. L’histoire a-t-elle nécessairement recours au témoignage ?
  • Pourquoi selon Aron cette ambiguïté de la langue française est-elle fondée (2nd §) ?

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