exercice sur texte n°2

Texte 3 :

[(“ On a beau vouloir confondre l’indépendance et la liberté, ces deux choses sont si différentes que même elles s’excluent mutuellement. Quand chacun fait ce qu’il lui plaît, on fait souvent ce qui déplaît à d’autres, et cela ne s’appelle pas un état libre. La liberté consiste moins à faire sa volonté qu’à n’être pas soumis à celle d’autrui ; elle consiste encore à ne pas soumettre la volonté d’autrui à la nôtre.

Quiconque est maître ne peut être libre, et régner c’est obéir. Vos Magistrats savent cela mieux que personne, eux qui comme Othon n’omettent rien de servile pour commander. Je ne connais de volonté vraiment libre que celle à laquelle nul n’a droit d’opposer de la résistance ; dans la liberté commune nul n’a droit de faire ce que la liberté d’un autre lui interdit, et la vraie liberté n’est jamais destructive d’elle même. Ainsi la liberté sans la justice est une véritable contradiction ; car comme qu’on s’y prenne tout gêne dans l’exécution d’une volonté désordonnée.

Il n’y a donc point de liberté sans Lois, ni où quelqu’un est au dessus des Lois : dans l’état même de nature l’homme n’est libre qu’à la faveur de la Loi naturelle qui commande à tous. Un peuple libre obéit, mais il ne sert pas ; il a des chefs et non pas des maîtres ; il obéit aux Lois, mais il n’obéit qu’aux Lois et c’est par la force des Lois qu’il n’obéit pas aux hommes. ”

[**Jean Jacques Rousseau, Lettres écrites de la Montagne*] (l 764), dans Oeuvres, t IlI, Éd. Gallimard, coll. Bibliothèque de la Pléiade, 1966, p. 84 1.)]

  • Dans le second § Rousseau met en place une distinction entre deux verbes. Quels sont ces verbes ?

Cette distinction est complétée par une autre ; laquelle ?

  • Quelle est la thèse de ce texte ? Rapprochez cette thèse de la définition que Rousseau donne dans le texte précédent N° 107. Cette thèse et cette définition semblent paradoxales ; pourquoi ?
  • Expliquez “ la vraie liberté n’est jamais destructrice d’elle même ”.
    S’il y a une “ vraie liberté ” y aurait-il une fausse liberté ? Quelle serait-elle ?
  • Explicitez la distinction posée en début de texte.
  • En quoi les distinctions conceptuelles posées par Rousseau conduisent-elles à la thèse qu’il soutient ?
  • Comment Rousseau procède-t-il pour réduire le paradoxe repéré à la question 2 ?

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