philo : fiche technique 4 - rédiger une conclusion

{{ fiche technique 4 : Faire la conclusion

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Que doit-il y avoir dans une conclusion ?

Il existe deux approches :

  1. faire une conclusion brève. C’est possible si vous avez bien étoffé l’introduction.
  2. faire une conclusion longue. C’est nécessaire si vous avez fait une introduction très rapide (ce que je déconseille) où la problématisation est superficielle.
    Par exemple, certaines méthodes, si elles conseillent une brève introduction, recommandent d’étoffer raisonnablement la conclusion pour montrer comment la thèse construite par l’auteur résout tous les problèmes que soulèvent le sujet.

Il nous semble, quant à nous, que si l’introduction doit être soigneusement déployée (pour éviter le hors sujet), la conclusion peut être allégée. En effet, la conclusion doit permettre au correcteur de repérer des structures logiques de la démonstration et la réponse au sujet. Si la problématisation a été développée en introduction et que le plan a été annoncé, le refaire en conclusion peut s’avérer fastidieux. Le raisonnement s’achève avec la troisième partie : il doit avoir abouti à un choix philosophique entièrement justifié qui constitue une réponse au sujet, et qui permet de résoudre tous les problèmes soulevés dans la problématisation.

Il serait alors bien superflu de recommencer la dissertation en conclusion, qui ne doit être qu’une confirmation épurée d’un résultat déjà prouvé. Il n’y a pas lieu d’y présenter un nouvel argument.

Le style de la conclusion doit être particulièrement soigné, elle doit faire un rapide bilan du développement, et se terminer sur un jugement d’ensemble qui reformule la prise de position claire de l’auteur. Elle doit être précise, bien écrite et légère. Comme l’introduction (où le lecteur, le correcteur, prenait contact avec le rédacteur dans une écriture littérairement travaillée), la conclusion doit porter la marque de l’auteur : la dernière impression doit nettement dégager le style, l’originalité et la pensée de l’auteur de la dissertation. Elle doit permettre de souligner les idées fortes du raisonnement et montrer que vous maîtrisez votre sujet.

Elle se compose d’un ou de deux paragraphes comportant chacun un alinéa de trois carreaux.

  1. Paragraphe 1 : Le rappel de ce qui a permis d’établir une réponse et en quoi cette réponse permet de résoudre les difficultés soulevées dans la problématisation. Cette reprise n’est pas un résumé simple. Elle doit souligner l’intérêt philosophique de la question posée ou du texte, et ce que cela permet de préciser. Il est alors possible de rapprocher la question ou le texte d’un auteur de culture générale : ce que dit un peintre dans un sujet sur l’art, ce que fait un savant dans un sujet sur la science …
  2. paragraphe 2 : la réponse à la question posée par le texte ou au sujet de dissertation.

Elle ne doit pas se répéter avec la fin de la troisième partie.

Boite à outils

A éviter :
Il faut éviter trois choses pour la rédiger :

  1. placer une citation en toute dernière ligne, car c’est vous qui devez avoir “le dernier mot”.
  2. Rédiger un travail descriptif (dans un premier temps, nous avons vu que…) Très maladroit et fastidieux ou interrogatif : ce n’est plus le temps des questions, mais des réponses.
  3. Il ne faut pas <>. La conclusion montre qu’une réponse complète a été apportée au problème : c’est exactement ce que l’on attend du rédacteur, et ce qui justifie la dissertation.

Pour rédiger la conclusion, vous pouvez utiliser les formules suivantes

Si, tout d’abord, ... a bien pu apparaitre comme un signe de... et comme une preuve de... il est désormais manifeste que cela ne doit en rien nous incliner à...
... loin d’être... doit-être pensé désormais en terme de...
Quant à ... il doit ressortir de... qui témoigne de...



Nous avons appris que...
Ainsi...


Une pratique de... n’a donc de sens réel que par... Cette pratique entraîne... Mais aussi elle...
Que soit compatibles tous les... c’est-ce qui peut nous inciter à...


Il est évident que... et l’on voit mal ce que... pourrait signifier dans le domaine de...
C’est vraiment dans... que l’idée de... a une signification. Mais nous savons aujourd’hui que si... cela signifie pas pour autant que...


Exemple de conclusion :

Le beau est-il ce qui plaît ?

Nous avons cherché s’il pouvait y avoir adéquation entre le sentiment esthétique, et l’expérience du plaisir dont la cause se trouve dans un objet extérieur. Nous avons remarqué que la sensibilité à la beauté était toujours accompagnée d’un certain plaisir, mais que tout plaisir ne renvoie pas nécessairement à une appréciation de la beauté. En effet, nous nous sommes aperçu avec Kant que le plaisir esthétique avait pour paradoxale spécificité d’être “désintéressé”, et devait être strictement distingué par là du plaisir empirique simplement agréable. En sorte que l’identification du beau à “ce qui plaît” ne suffit pas à rendre compte de l’essence même de la beauté.

Ce plaisir, qui ne manque pas d’accompagner la contemplation de la beauté pure des œuvres d’art, est l’indice d’une vérité qui se trouve comme acheminée dans l’expérience même. Ainsi Cézanne avait-il raison d’écrire : “je vous dois la vérité en peinture…”, et Bachelard de remarquer que l’on regarde différemment la Sainte Victoire depuis que Cézanne l’a peinte. Le beau dans l’art humain n’est pas réductible à une expérience psycho-sensorielle de plaisir, mais il est l’expression et la manifestation d’une vérité, dans sa forme la plus immédiate. L’activité de l’artiste, en produisant la beauté, érige l’œuvre dans un sens qui dépasse donc radicalement ce qui est éprouvé d’abord dans l’expérience.

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